L’histoire du préventorium de Villereversure (Ain)
Sur les cartes postales, il a presque l’air d’un lieu de vacances. Une longue façade claire, un toit rouge, des arbres, la montagne derrière. Sur une autre image, des lits parfaitement alignés occupent un dortoir baigné de lumière. Tout est propre, calme, bien rangé. Même le malheur avait autrefois la décence de poser correctement pour la photographie. On pourrait s’arrêter là, au charme un peu froid de ces vieilles images jaunies. Ce serait tellement plus confortable. Seulement voilà : les bâtiments mentent très bien sur les cartes postales. Celui de Villereversure a vu passer des enfants menacés par la tuberculose, une maladie qui faisait alors autrement plus peur qu’une mauvaise toux. Il a connu la guerre, les bombes allemandes, puis d’autres vies, d’autres pensionnaires, d’autres missions. Il a changé de fonction sans disparaître, comme ces vieux témoins qu’on oublie dans un coin et qui, pourtant, ont tout vu. Il est toujours là. Pour comprendre comment cette grande bâtisse de Vill...