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Affichage des articles du septembre, 2022

Le coup du Byrrh par Alphonse Allais

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— Où dînons-nous, ce soir ? — Si nous montions au Manoir ? — C’est une idée, dînons au Manoir. Le Manoir est une manière d’ancienne cour normande progressivement devenue auberge, pas mauvaise auberge, ma foi. On y déjeune sous les pommiers, au haut d’une falaise, d’où l'on découvre la mer et la baie de la Seine. M. Lécorcheur, le patron du Manoir, est un ancien huissier d’Yvetot qui lâcha un beau jour ses panonceaux à la suite de ce raisonnement lumineux : « Il y a plus de profit à héberger les gens riches qu’à saisir des pauvres gars sans le sou. » Il vendit son étude 3.000 francs — au bas mot — de plus qu’elle ne valait, et vint prendre la direction du Manoir auquel il imprima, grâce à son activité fébrile, une prospérité croissante. Durant la belle saison, la cour du Manoir ne désemplit pas. Ce sont des pèlerins, car l’auberge est proche de la fameuse chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde, des touristes, cocottes, gommeux venus de Trouville, Cabourg et autres localités ad hoc. Des

La maison-bulle abandonnée de Creys-Malville, symbole d'une lutte antinucléaire tragique

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  La liberté de penser de la période 1960-1970 a permis la gloire –temporaire– des maisons-bulles à travers le monde. Construite en voile de béton armé, sans coffrage, la bulle devient un choix économique, esthétique ou pratique. Le voile de béton armé sans coffrage est inventé par Pascal Häusermann qui construisit pour son père, en 1959, la Villa le Dolmen, à Grilly, dans l'Ain . Le béton est posé à la main ou projeté et reste pris dans le ferraillage (agrémenté parfois de tissus ou de grilles métalliques). Cette architecture recherche l’harmonie entre l’habitat et la nature qui l'entoure. La maison-bulle de Creys-Malville fut construite en 1976-77 par un collectif antinucléaire qui préparait la manifestation contre le projet du surgénérateur Superphénix à Malville (Isère). Elle servait de local de campagne et de campement.  En 1974, le Premier ministre Pierre Messmer lance l’accélération du programme nucléaire, avec pour objectif « l’indépendance énergétique de la France »