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Affichage des articles associés au libellé Enseigne

Les murmures de l'Hôtel de la Poste

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  Lyon Croix-Rousse C’est sûr, L'Hôtel de la Poste c'est pas la Villa Florentine. Au zinc, y'a Robert, le taulier. Un gars pas méchant, mais une gueule toujours bougonne, comme s'il avait mâché du gravier au petit-déj. Un matin, alors que Lyon s’éveille sous le crachin, une dame débarque. Elle est sapée comme pour un bal, mais sa binette dit qu'elle n'est pas là pour danser. C’est le genre de fille qui n'a pas mordu dans le gâteau de la vie du côté de la crème. — Bonjour beau brun, je cherche la chambre 12. Paraît qu'elle a vue sur le grand théâtre du monde, lance-t-elle avec un regard qui claque comme un coup de feu dans une ruelle sombre.  Robert la zieute avec des mirettes qui ont l'air de fouiller jusqu’au fond de son âme et lui répond sur un ton grimaçant. — La 12, ma belle, c'est tout un poème. Fais gaffe par contre, y'a des souvenirs accrochés aux rideaux qui pourraient te filer le cafard. C'est pas Versailles, hein, faut pas rêver...

Rien que pour vos cheveux

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  Agde (34) Dans la rue de l’Espérance, on aperçoit encore le salon du vieux Fernand, qui officiait en artiste du peigne et du ciseau. « Coiffeur », dit encore l'enseigne, se faisant l’écho d'un temps où on venait se faire tondre en parlant mistral et bourrasques. Sa boutique c'était pas le Louvre, mais chaque coup de ciseau était un coup de pinceau, chaque mèche tombée, une œuvre d'art éphémère. « Les cheveux blancs, c'est les souvenirs qui poussent » qu'il disait de sa voix rocailleuse résonnant sur les murs écaillés. Ses mains, secouées de tremblements, tissaient des coiffures comme on noue des amitiés : serrées, solides et un brin compliquées. Sa vitrine était cachée derrière un rideau plus orange qu’un soleil couchant. « La discrétion, mes enfants, c'est la clef de l'élégance, » qu'il affirmait, le Fernand, alors que c'était surtout pour masquer la poussière qui s'accumulait. Le soir, après avoir rangé ses rasoirs et ses flacons d'ap...

L'adieu aux saucissons

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Quelque part en Saône-et-Loire. En cette année de grâce 1993, dans un coin paumé de l’hexagone, la maison « Salaisons des Îles » ferma ses portes, non sans un soupir de soulagement des cochons alentour. Fondée en 1954 par un homme qui croyait dur comme fer que la charcuterie était l'avenir de l'homme, la boutique avait connu des jours de gloire et des nuits d’ivresse, où les saucissons se balançaient au plafond comme des pendus, mais en moins tragique. Pierre, le fondateur, était un homme de goût, un esthète de l'andouillette, un poète du pâté de campagne, un Rimbaud de la rillette. Son magasin était son œuvre, son chef-d'œuvre, son « Guernica » à lui, une espèce de Louvre du lardon. Mais voilà, les temps changent plus vite que les bactéries prolifèrent dans un pâté de foie, les artères se bouchent, et les préoccupations écologiques s’immiscent dans l’esprit des consommateurs. La légende raconte qu'avant de tourner la clé dans la serrure pour la dernière fois, Pierr...

L’imprimerie disparue de Saint-Flour : un bastion de la résistance intellectuelle et artistique

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  Typo de l’enseigne : B anco (1951) du célèbre Roger Excoffon (Merci Alain pour cette info) Photo prise le 20 août 2022. Saint-Flour, Cantal. Les anciennes boutiques recèlent des histoires fascinantes. Chacune de ces antiques devantures est un témoin de ce temps révolu, de ces modes de vie, de ces pratiques d'antan. Derrière ces vitres crasseuses, combien d'évocations, de souvenirs et de mystères demeurent enfouis, hélas, dans l'oubli ? Les murs, eux, ont vu vivre bien des gens, ont enregistré tant d'événements survenus dans le quartier, ont subi les soubresauts des changements économiques et sociaux qui ont façonné la cité ou le village. Bien qu'elles ne soient plus en activité, ces boutiques témoignent encore de leur passé. Elles ont une âme ! Il suffit de s'arrêter un instant devant l'une d'elles pour imaginer les personnages qui y ont évolué, les histoires qui s'y sont déroulées. Ces vénérables échoppes sont comme des livres d'histoire, at...

Traces du passé - La banque Pages

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  Dans un coin sombre de la ville, la banque Pages avait longtemps prospéré sur le dos des travailleurs. Les riches y déposaient leur argent en toute sécurité, mais pour les employés de la banque, la réalité était tout autre. Corvéables à merci, ils travaillaient sans relâche pour satisfaire les exigences des clients les plus exigeants, tandis que leurs salaires stagnaient et que leurs conditions de travail se dégradaient. Mais ils se taisaient car ils craignaient d'être balayés par la tourmente de l'économie instable. Puis, un jour, le gouvernement annonça une nouvelle réforme des retraites qui allait les priver de leurs acquis et les forcer à travailler plus longtemps pour moins d'argent. Les employés de la banque Pages décidèrent de se rebeller, refusant de travailler pour une institution qui ne respectait pas leurs droits et leur dignité. Ils se mirent en grève, bloquant les comptes des riches clients de la banque et empêchant les investisseurs de retirer leur argent. L...

Ici on loge à pied et à cheval

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  Hôtel restaurant Berlincourt, Seyssel (74). « Ici, on loge à pied et à cheval » est une inscription qui figurait sur certaines auberges, indiquant ainsi qu'il y avait des chambres pour les voyageurs et des écuries pour leurs montures. Auberge du Mont des Princes, Seyssel, 2019. À l'abandon. Il ne savait trop « où aller casser une croûte ». Il aurait bien voulu cependant « manger un morceau » car, creusé par l'air vif, il mourait de faim. En vain inspecta-t-il d'un œil expérimenté les environs, il ne sut y découvrir aucune de ces larges enseignes d'autrefois où qui savait lire lisait : « Ici, on loge à pied et à cheval ! » aucune de ces bonnes vieilles auberges où jadis saltimbanques, rouliers et marchands forains fraternisaient à la même table ! Aucune Mère de compagnons où les lions du tour de France venaient faire les vantards devant ces nigauds de faubouriens qui n'étaient jamais sortis de leur trou ! Tout vu, tout-examiné, force lui fut, afin de se refaire...

Le dispensaire classé Monument historique de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire)

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  Le dispensaire en 1925. Le développement des dispensaires à la fin du XIXe siècle procède d’une double préoccupation : la mortalité infantile, qui ne cesse de croître, et les ravages de la tuberculose dans les milieux populaires. Par ailleurs, l’alarmante contagion de la maladie parmi les soldats de la Grande Guerre fait prendre conscience aux pouvoirs publics des dangers qu’elle représente pour la défense nationale, mais aussi pour l’économie du pays. C’est la loi dite « Léon Bourgeois », du 15 avril 1916, qui impose sur l’ensemble du territoire la création de dispensaires d’hygiène publique. Financés par les communes, les industriels ou les sociétés de secours mutuel, ils sont destinés à l’origine aux plus démunis, le plus souvent dans une situation sanitaire critique, avant d’être ouverts à tous dans le cadre d’une politique d’hygiène publique. Étudier et protéger ce type de patrimoine ne va pas sans difficultés aujourd’hui : édifices modestes à l’échelle de l’histoire de l’ar...

Zoom sur le Grand Hôtel Ripotot à Champagnole (Jura)

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Je me suis rendue à Champagnole dans le Jura, grâce à Raymond Depardon, ou plutôt grâce à son livre magnifique :  La France de Raymond Depardon,  dans lequel on retrouve 300 photographies en couleurs et en grand format d'une France un peu oubliée, de lieux désertés par le tourisme, vieux commerces, vieilles façades, où l'homme réside encore toutefois, en tentant de vivre, voire de survivre. Dans ce livre, Raymond Depardon a choisi de ne garder qu'une seule photo de chaque lieu traversé. Pour Champagnole, il a choisi la salle culturelle  Le Rex , et c'est pour photographier cette salle que j'ai pris la route du Jura. Mais en arrivant dans la ville, je suis tombée sur cet immense hôtel abandonné qui m'a totalement éblouie. Merci infiniment, M. Depardon de m'avoir permis de découvrir ce fabuleux bâtiment. J'ai bien sûr ensuite trouvé Le Rex : voir sur  Instagram . Le Grand Hôtel fut fondé en 1875 par Florian et Marie Ripotot sous le nom de Grand Hôtel du Co...

Pink Party sétoise

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Au cœur du quartier des Quatre-Ponts, à Sète, se situe la rue Pierre Semard qui relie les bassins du port au canal. Anciennement, elle portait le nom de rue Nouvelle puis l'année 1799 la baptisa rue de la Révolution. Le 1er avril 1844, elle devint rue du Pont-Neuf avant de prendre le nom, en 1945, de ce cheminot résistant, militant syndical, secrétaire général du PCF, qui fut fusillé par les allemands le 7 mars 1942 à la prison d'Evreux. Cette rue à la réputation torride fut désertée dans les années 90 car on disait d'elle que c'était "un coupe-gorge". Aujourd'hui, son habitat qui était dégradé et insalubre a été réhabilité par la ville. Le quartier, à nouveau très prisé par les acheteurs, conserve encore quelques vestiges de son passé brûlant.  Devant un sex-shop, il y avait un type. il était là. Il tambourinait sur la vitre, il disait : - C'est un véritable scandale ! Retirez-moi ça tout de suite ! Alors le vendeur est sorti, il a dit : - Retirer quo...

Tiflex : une enseigne de 1950 à Poncin (Ain)

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A sa création à Lyon, en 1897, la société Tiflex qui porte alors le nom de son créateur Anthony Léopold, voit le jour. Elle fabrique, avec une équipe de 4 salariés, des timbres en gélatine durcie pour marquer les sacs des minotiers et les tonneaux des négociants.  1897 - Les origines à Lyon, fabrique de timbres pour marquer caisses et sacs industriels. En 1920, l’entreprise s’implante à Poncin et prend le nom de « Timbre Flexible ». Henri Léopold, le fils du créateur dirige l’entreprise familiale et continue son développement.  1920 - Installation à Poncin. Puis, l’entreprise change de nom et devient TIFLEX, qui n’est autre que la contraction de TImbre FLEXible ! Dans les années 30, les timbres Tiflex marquent leurs premières plaques d’immatriculation. Durant la seconde guerre mondiale, Tiflex travaille pour la Résistance en lui fournissant des copies conformes des seaux de l’administration et de l’armée allemande. Après la guerre, Tiflex se lance dans la Sérigraphie. Le pari ...