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Tony Burais, photographe disparu mais toujours à la porte

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  Photographie, 2 rue Burais, 69100 Villeurbanne Villeurbanne, angle des rues Léon Blum et Burais. On passe, on regarde à peine. Une vieille façade, une porte en bois, le genre qu’on ne repeint plus depuis Pompidou, avec deux volutes de fer forgé et, au-dessus, un mot gravé comme un vestige : PHOTOGRAPHIE. C’est tout ce qu’il reste, aujourd’hui encore visible, du studio de Tony Burais, photographe actif vers 1900, installé là, au cœur du quartier Grandclément, avant que la photo de famille ne soit remplacée par la borne selfie du centre commercial. Tony, de son vrai nom Antoine Burais, est né le 15 août 1854 à Villeurbanne, dans une famille modeste (son père était marchand épicier). Il y a vécu. Il y a travaillé. Et c’est là qu’il est mort, le 25 mars 1933, à l’âge de 78 ans, veuf. Il repose au cimetière ancien de Cusset, à deux pas de son atelier.  Il aura vu naître la Troisième République, vu l’essor du tramway, la disparition des chevaux de livraison et les premiers grésill...

Les pavillons des années 60 sont-ils en sursis ?

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  Elle est là, figée dans son époque. Une maison aux volets clos, une façade fatiguée, une clôture qui se bat contre le temps. Construite dans les années 60-70, elle porte encore les marques d’une époque où la France bâtissait vite, beaucoup et avec l’optimisme des Trente Glorieuses. Aujourd’hui, elle attend. Mais quoi ? Un nouveau souffle ou le bruit sourd des bulldozers ? Un pavillon typique des Trente Glorieuses L’après-guerre marque une transformation radicale du paysage français. Entre 1950 et 1975, le pays se reconstruit à marche forcée, porté par une croissance économique inédite. Les familles aspirent à un confort nouveau, quittant les appartements exigus des centres-villes pour des maisons individuelles en périphérie.  C’est ainsi que fleurissent des lotissements pavillonnaires, standardisés, fonctionnels, accessibles à la classe moyenne.  L’époque voulait des maisons pratiques, pas ostentatoires. C’était l’ère où l’on accédait à la propriété sans chercher le sup...

La Poype de Villars, sentinelle de terre et de mémoire

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  Ancienne carte postale de la poype côté ouest qui souligne la présence de la porte d’entrée de l’église sous la tour de briques. Au cœur de Villars-les-Dombes, une masse de terre se dresse. La Poype de Villars, vestige d’une époque où les fortifications n’étaient pas de pierre mais de terre et de bois, veille encore sur le paysage. Ce tertre, haut de 16 mètres, large de 60 mètres, n’est pas un simple relief naturel. C’est une forteresse médiévale née d’un besoin vital : voir sans être vu, se défendre sans faillir. Un château de terre et d’histoire Née au Xe siècle, la Poype de Villars est une motte castrale, un tertre artificiel autrefois ceinturé d’un fossé en eau, conçu pour supporter une tour défensive.  Les fouilles menées en 1988 par le Centre inter-universitaire d’histoire et d’archéologie médiévales ont révélé les fondations d’une église romane, probablement bâtie au XIe siècle. Cette église a été progressivement ensevelie sous des remblais médiévaux, laissant suppose...

Dortan-la-Martyre, un village dans la tourmente en juillet 1944

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  Dortan incendié. Photo collection Gérard COSTER . C’est après avoir lu quelque part qu’il existait un village martyr dans l’Ain que je me suis retrouvée à Dortan. Un coin où les pierres chuchotent encore des histoires de résistance et de douleur. Avec tous ces « braves gens » qui votent pour l'extrême-droite aujourd'hui – et dans l’Ain, ils sont nombreux, croyez-moi – il est salutaire de rappeler ce que les Allemands ont fait pendant la guerre. Parce qu’on a vite fait d’oublier, de tourner la page, de passer à autre chose. La preuve en est qu'aux dernières législatives, le RN a raflé 68 % des voix à Dortan. 68 % ! C'est la honte ! Comment peut-on oublier à ce point les leçons du passé et se laisser séduire par des idéologies nauséabondes ? À Dortan, les plaies sont pourtant encore visibles. Ce village est comme un livre d’histoire vivant, un rappel puissant que la liberté a un prix. Alors, si vous avez deux minutes et que vous n’êtes pas trop occupé·es à refaire le mo...